Les villes sont fortement représentées au Sommet de Copenhague, dans le but de revendiquer leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et la nécessité d’investir de façon accrue dans les villes durables (50% de la population en 2009 et 2/3 de la population et 80% de la consommation énergétique en 2030). De fait, la proposition de Convention reconnait le rôle des villes et des entités sub-nationales dans la mise en œuvre d’actions de mitigation (diminution des émissions de GES) et d’adaptation.
La ville de Stockholm, fraichement désignée capitale verte européenne pour l’année 2010, s’est fixée des objectifs ambitieux : de 5 tonnes de CO2/personne en 1990, elle est passée à 3,4, avec pour cible 3 en 2015 et 1,5 en 2030, soit une réduction de 70% par rapport aux niveaux de 1990 (en comparaison, le GIEC recommande une diminution entre 25 et 40% sur cette période, objectif rarement repris par les Pays). L’atteinte de ces objectifs passe par une politique ambitieuse de transport public (associé à l’instauration d’un péage pour accéder au centre-ville), une politique de gestion des déchets respectueuse de l’environnement, la mise en place d’énergie renouvelable, ainsi que des réalisations exemplaires (éco-quartiers). Elle allie ces ambitions à des politiques de préservation et de valorisation du cadre de vie. Pour ne citer qu’un exemple, 90% des habitants vivent à moins de 300 mètres d’un espace vert.
Parmi les réalisations exemplaires mises en avant par la ville de Stockholm, les éco-quartiers, et notamment celui d’Hammerby (20 000 habitants, soit 2% de la population de la commune), modèle reconnu et exporté internationalement. Le principe de base appliqué est celui du recyclage total, ou encore « des toilettes à l’omelette ». Selon ce principe, tous les effluents/déchets générés par les ménages sont transformés (par exemple biogaz réutilisé comme carburant dans les transports urbains ou pour la cuisson –d’où l’omelette). Les facteurs-clés de réussite identifiés sont : un fort niveau d’exigence en termes d’objectifs à atteindre pour les promoteurs, une évaluation multisectorielle robuste et continue des impacts du projet, le recyclage des « brown-fields » (friches industrielles).
Le nouveau projet relatif au Stockholm Royal Seaport va encore plus loin, notamment dans la densification (immeubles de 15 étages) et un objectif de zéro carburant fossile à l’horizon 2030. (http://www.stockholmroyalseaport.com/).
Néanmoins, ce type de quartier reste réservé à une population aisée : les logements sociaux n’y sont pas intégrés, et les prix des logements atteignent 5 000 €/m² (soit 150 000 € pour 30m²). En outre, les activités économiques y sont peu nombreuses et concentrées sur les services aux habitants. Les cadres qui résident dans le quartier n’y travaillent donc pas !
Un des messages à retenir magré tout est l’importance de la diffusion de ce savoir est au cœur des discussions : exporter les modèles, créer des réseaux, développer le savoir-faire des entreprises, inventer de nouvelles solutions… Car « le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau » (A. Einstein).
Une question demeure néanmoins : l’action des villes dans leur champ de compétence suffira-t-elle à atteindre les objectifs de réduction des émissions nécessaires à la limitation du changement climatique ? Leurs capacités d’investissement sont-elles suffisantes ? S’agit-il d’une bonne échelle d’action, concernant le transport (généralement plus cohérent au niveau régional, voire national ou international) ou l’industrie (logiques internationales qui prédominent) ? Elisabet FALEMO, secrétaire d’Etat à l’environnement suédoise, apporte cette réponse : le niveau local permet de lancer un mouvement de base, entraînant la population sur une dynamique d’action et le partage d’expérience est une incitation forte à l’action. Le financement de l’action locale, notamment dans les pays en développement, sera, selon elle, au cœur des discussions des prochains jours.
Pour télécharger la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre de Stockholm : http://international.stockholm.se/InternationalGlobal/Stockholm%20by%20theme/A%20sustainable%20city/Stockholm_ActionProgramme_against_Greenhouse_Gases_2002.pdf
Myriam BOVEDA
Je suis pour la politique de réduction des émissions de gaz. Il existe la possibilité de produire de l’énergie électrique photovoltaïque. Source d’information: L’association d’énergie Verte&Mure.