Les collectivités françaises à Copenhague

10 décembre 2009 par admin Laisser une réponse »

Aujourd’hui, de nombreuses villes et agglomérations françaises ont passé la journée à Copenhague (Nantes, Grenoble, Paris, Toulouse, Lille, Mulhouse, Angers, Bordeaux, Montpellier…). Au programme : le matin, échanges avec Brice LALONDE (ambassadeur en charge des négociations sur le réchauffement climatique pour la France) sur l’avancée des négociations, conférence de presse (passage obligé) ; l’après-midi : échanges organisés par l’IEPF (Institut de l’Energie et de l’Environnement des Pays Francophones) avec des représentants locaux africains.

Quel est le message des élus français à Copenhague ? Ils se positionnent sur deux points principaux :

  • La reconnaissance du rôle des collectivités locales dans le préambule du texte qui sera adopté à l’issue de la conférence de Copenhague,
  • La promotion de la coopération décentralisée (entre villes du Nord et villes du Sud).

Au-delà de ces grands principes, les collectivités locales souhaitent affirmer le caractère concret de leur action.

Ainsi, le rôle des collectivités locales est double dans la lutte contre le changement climatique :

  • d’une part faire pression sur les gouvernements : comme l’a rappelé Laurence TUBIANA, directrice de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales, ce sont les collectivités étasuniennes qui ont infléchi la position de l’administration Bush sur le climat avant l’arrivée au pouvoir d’Obama)
  • et surtout revendiquer leur rôle dans la mise en œuvre effective des mesures d’atténuation du changement climatique. Ainsi, les collectivités seraient responsables de la mise en œuvre de 70% des réductions de gaz à effet de serre (chiffre cité par l’Agence Française de Développement), les 30% restants relevant des Etats ou des instances internationales. Il est difficile de voir ce que recouvre exactement ce chiffre, mais l’ordre de grandeur est là. Enfin, Laurence TUBIANA est persuadée que même si les résultats obtenus à Copenhague ne sont pas à la hauteur de la cible Facteur 4, il revient aux collectivités de montrer que l’objectif peut être atteint par des actions de terrain et inciter, dans 5 ans, les gouvernements à proposer des objectifs encore plus ambitieux.

Les collectivités locales ont également un rôle à jouer dans le cadre de l’aide dans la lutte contre le changement climatique en faveur des pays en développement. Les besoins sont estimés à 100 milliards d’euros par an par la Commission européenne. La coopération décentralisée présente néanmoins ses avantages et ses inconvénients :

  • Parmi les avantages, les collectivités, du fait de leur expérience effective du développement local, sont à même de mieux comprendre les besoins des collectivités du Sud. En outre, cela peut permettre de conduire des projets plus modestes que ceux intéressant les financements internationaux.
  • En revanche, plusieurs points de vigilance : conserver une cohérence et une équité globale de l’action en faveur de la lutte contre le changement climatique et des pays du Sud, lier la possibilité pour les collectivités du Sud à obtenir une aide financière ou technique à leurs besoins réels et non à leur capacité à s’insérer dans un réseau de collectivités…

Les représentants africains saluent les initiatives de coopération et affirment leur volonté d’agir sur l’adaptation aux effets du changement climatique : le Bénin rappelle que ce terme est né en Afrique en 1974 avec les premières sécheresses de longue durée des régions subsahariennes. Un paysan malien rappelle à cette occasion les dégâts engendrés par le changement climatique sur l’agriculture du continent, et la nécessité pour les responsables historiques des émissions de gaz à effet de serre d’en assumer les conséquences.

L’un des enjeux des négociations de Copenhague sera donc de définir des mécanismes justes d’aide aux pays en développement, notamment sur les questions d’adaptation. Fonds sectoriels gérés au niveau mondial par une émanation de l’ONU ? Fonds gérés par les banques régionales de développement ? Autre ? Le débat porte autant sur les circuits financiers administratifs de distribution des aides que sur leur montant.

Audrey JACCOMARD

Publicité

Laisser un commentaire